Climat

Mobilité et émissions : les modes comparés

Mobilité et émissions : comprendre le poids des transports Une part importante des émissions françaises En France, les transports occupent une place centrale dans le bilan climatique. Selon le Service des données et études statistiques (SDES), le secteur…

Mobilité et émissions : comprendre le poids des transports

Une part importante des émissions françaises

En France, les transports occupent une place centrale dans le bilan climatique. Selon le Service des données et études statistiques (SDES), le secteur a émis 126,8 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2023, soit 34 % des émissions nationales. Il se situait devant l’agriculture, qui représentait 21 % du total cette année-là.

La comparaison avec 1990 montre un changement de poids relatif. Les transports représentaient alors 23 % des émissions françaises et se classaient au deuxième rang des secteurs émetteurs. Depuis, les émissions nationales ont diminué, tandis que celles des transports ont progressé de 3 %. Le secteur est ainsi devenu le principal poste d’émissions du pays.

Ces chiffres décrivent un périmètre précis, et non l’ensemble des conséquences environnementales d’un déplacement. Le bilan national comptabilise les émissions associées aux transports effectués en France, mais exclut notamment celles liées à la fabrication des véhicules et à la production des carburants. Ces dernières sont comptées dans d’autres secteurs.

Selon le SDES, les émissions liées à la production d’électricité sont également attribuées au secteur de l’énergie. Une voiture électrique n’est donc pas évaluée uniquement à partir de son pot d’échappement : ses émissions de fabrication et la production électrique relèvent de postes distincts. Pour comparer les modes, il faut vérifier si l’analyse porte sur l’usage seul ou sur l’ensemble du cycle de vie.

Le transport routier domine le bilan

La route représente 94 % des émissions du secteur des transports en 2023. Les voitures particulières en forment la principale composante : elles sont à l’origine de 53 % du total sectoriel, soit 67,4 millions de tonnes de CO₂. Cette part reflète le nombre de déplacements effectués en voiture et la place encore importante de ce mode dans les trajets quotidiens.

Les poids lourds, autobus et autocars comptent ensemble pour environ 24 % des émissions, selon les catégories et arrondis présentés par le SDES. Les véhicules utilitaires légers représentent autour de 16 % dans la ventilation par mode. Les autres transports — aérien, maritime, fluvial et ferroviaire — se partagent les 6 % restants du bilan national.

Ces pourcentages ne signifient pas qu’un trajet en train ou en avion est toujours négligeable. Ils décrivent la contribution annuelle de chaque activité au total français, tandis que la comparaison par voyageur et par kilomètre répond à une autre question. Un mode très utilisé peut peser lourd dans le bilan collectif même si ses émissions par passager sont modérées.

Prenons le cas d’une personne qui habite à proximité de son travail. La distance, la fréquence des trajets et le taux d’occupation de la voiture peuvent compter autant que le type de moteur. Comprendre ce périmètre permet donc de comparer les déplacements sans confondre les émissions nationales avec l’empreinte complète d’un véhicule.

Comparer les émissions par mode de transport

Le calcul par passager et par kilomètre

À l’échelle d’un déplacement, l’indicateur souvent utilisé est la quantité de CO₂ émise par passager et par kilomètre. Il aide à comparer des trajets de longueur similaire, mais ne suffit pas à lui seul pour mesurer toute l’empreinte carbone. Le taux de remplissage, le type de véhicule et le périmètre retenu peuvent modifier le résultat.

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Selon les valeurs de comparaison fournies par l’ADEME, une voiture thermique émet en moyenne 218 grammes de CO₂ par kilomètre, contre 103 grammes pour une voiture électrique lorsque la fabrication est incluse. Pour un trajet en voiture, le nombre de passagers change fortement l’émission rapportée à chacun : deux personnes se partagent la charge du déplacement, quatre la répartissent davantage.

L’avion affiche une moyenne de 259 grammes par passager et par kilomètre dans les données indiquées. Ce résultat varie selon l’aéronef, la durée du vol et le service proposé. Pour le train, les valeurs s’étendent de 3 à 30 grammes par passager et par kilomètre selon que la ligne est électrifiée ou non.

Le car est donné à 29 grammes par passager et par kilomètre, tandis qu’un bus urbain thermique atteint 113 grammes dans cette comparaison. L’écart rappelle que le nom du mode ne suffit pas : l’occupation, le parcours et la motorisation pèsent sur le bilan. Les valeurs sont des repères, non des garanties applicables à chaque véhicule.

La marche et le vélo n’émettent pas de gaz à effet de serre pendant leur utilisation. Une comparaison limitée au fonctionnement les place donc très bas. Si l’on ajoute la fabrication du vélo ou l’alimentation particulière d’un cycliste, le résultat change, mais ces éléments ne sont pas inclus de façon uniforme dans tous les calculateurs.

Lire les ordres de grandeur avec prudence

Le tableau suivant reprend les chiffres de comparaison transmis pour les modes concernés. Les valeurs ne sont comparables que si l’on garde à l’esprit leurs frontières de calcul : notamment, la fabrication est intégrée pour la voiture électrique, alors que le chiffre de la voiture thermique est présenté comme une moyenne de CO₂.

Mode de transport Émissions indiquées Unité ou précision
Marche ou vélo Pas d’émissions à l’usage Fabrication non comprise
Train 3 à 30 g de CO₂ par passager-km
Car 29 g de CO₂ par passager-km
Bus urbain thermique 113 g de CO₂ par passager-km
Voiture électrique 103 g de CO₂ par km, fabrication incluse
Voiture thermique 218 g de CO₂ par km, moyenne indiquée
Avion 259 g de CO₂ par passager-km, moyenne indiquée

Selon l’ADEME, un calculateur de trajet permet d’affiner l’estimation en renseignant une distance et un mode précis. La comparaison devient plus utile lorsqu’elle porte sur des options réellement accessibles : un train direct, un bus existant ou une voiture partagée, plutôt que sur un scénario théorique.

Une famille choisissant entre voiture et train pour un week-end doit aussi considérer l’accès à la gare, le nombre de voyageurs et les derniers kilomètres. Un résultat par kilomètre éclaire une partie du choix ; la réalité du trajet complet en détermine l’intérêt pratique et environnemental.

Choisir entre voiture, train, avion et mobilité active

Adapter le mode à la distance et au trajet

Les chiffres par kilomètre prennent tout leur sens lorsqu’on les replace dans un trajet concret. Pour une courte distance en ville, la marche et le vélo peuvent remplacer un déplacement motorisé sans émission directe à l’usage. Pour une liaison entre deux centres urbains, le train ou les transports en commun peuvent limiter la part individuelle des émissions.

Une personne qui parcourt chaque jour quelques kilomètres peut tester un itinéraire cyclable, marcher jusqu’à une station ou combiner vélo et train. La solution dépend du relief, de la sécurité des voies, des horaires et du transport de bagages. Une option théoriquement sobre perd son intérêt si elle n’est pas utilisable dans les conditions réelles du déplacement.

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Pour les trajets plus longs, l’avion peut être difficile à éviter dans certaines liaisons, mais il est généralement le mode le plus émetteur par passager-kilomètre dans les données présentées. Quand une liaison ferroviaire existe et répond aux contraintes de temps, elle constitue une alternative à comparer. La durée totale doit inclure le trajet vers l’aéroport ou la gare et les attentes.

Selon l’ADEME, l’estimation des émissions varie avec la distance, le mode et les caractéristiques retenues par l’outil. Le calculateur ne remplace donc pas le jugement sur les correspondances ou les horaires, mais il rend visibles des écarts parfois difficiles à percevoir. Comparer plusieurs scénarios du même trajet évite de choisir seulement sur la base d’une moyenne nationale.

Quelques réflexes pour comparer des options

Avant de réserver ou de prendre la route, quelques questions simples peuvent clarifier le choix. Il ne s’agit pas d’imposer un mode unique à tous les déplacements, mais de repérer les trajets où une solution moins émettrice est réaliste et confortable.

Repères utiles pour comparer les déplacements :

  • Vérifier la distance porte à porte, et pas seulement le trajet principal
  • Rapporter les émissions d’une voiture au nombre réel de passagers
  • Comparer une liaison ferroviaire complète avec le trajet aérien complet
  • Considérer la marche et le vélo pour les derniers kilomètres
  • Choisir les transports en commun lorsque l’offre correspond aux horaires

Le covoiturage mérite aussi d’être examiné lorsqu’une voiture est nécessaire. Il ne supprime pas les émissions du véhicule, mais répartit celles du déplacement entre plusieurs personnes. L’effet dépend toutefois du détour effectué, du nombre de passagers et de la situation qui aurait existé sans partage.

Pour un déplacement quotidien, une combinaison peut être plus pertinente qu’un remplacement intégral de la voiture. Une personne peut conduire jusqu’à une gare, poursuivre en train, puis terminer à pied. Ces enchaînements réclament un peu d’organisation, mais ils peuvent réduire les kilomètres parcourus seul en voiture sans rendre le trajet impraticable.

La mobilité dépend enfin des équipements disponibles autour de chacun. Un habitant d’un centre bien desservi n’a pas les mêmes choix qu’une personne vivant loin d’une gare ou d’une ligne régulière. La comparaison sert d’abord à identifier les marges d’action accessibles, sans transformer les contraintes individuelles en jugement moral.

Pourquoi les émissions des transports évoluent lentement

Des véhicules plus efficaces, mais davantage de circulation

Depuis 1990, les émissions de CO₂ par kilomètre parcouru ont baissé de 24 % selon les données transmises. Les moteurs thermiques ont gagné en efficacité et les véhicules hybrides ou électriques se sont développés. Pourtant, sur la même période, les émissions totales du secteur ont augmenté de 3 %.

La raison tient notamment au volume de circulation. Lorsque davantage de kilomètres sont parcourus, les gains réalisés sur chaque véhicule peuvent être absorbés par l’augmentation du trafic. Le poids croissant des véhicules, le vieillissement du parc et la progression de certaines motorisations essence contribuent également à ralentir la baisse des émissions.

La crise sanitaire a provoqué une diminution marquée des déplacements autour de 2020, suivie d’une reprise progressive. Selon les données de transport de voyageurs, l’activité intérieure atteignait 1 033 milliards de voyageurs-kilomètres en 2023, avec une légère baisse annuelle de 0,3 %. La voiture individuelle restait dominante, avec 82,2 % du transport intérieur de voyageurs.

Ce volume montre pourquoi une amélioration technologique ne suffit pas toujours à faire baisser rapidement le bilan global. Si un moteur consomme moins par kilomètre, mais que les distances parcourues continuent de croître, les émissions totales peuvent stagner. Pour les ménages comme pour les collectivités, l’organisation des déplacements compte donc autant que le renouvellement des véhicules.

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Le parc automobile se transforme progressivement

Le parc évolue plus lentement que les ventes de véhicules neufs, car les voitures restent en circulation plusieurs années. Au 1er janvier 2024, près de 91 % des voitures étaient encore thermiques, selon les données fournies. Le diesel représentait 50,7 % du parc, une part en recul par rapport à 63,9 % en 2016.

Les immatriculations neuves montrent une évolution plus rapide que le parc total. En 2023, les voitures électriques représentaient 17 % des immatriculations, et les hybrides rechargeables 9,2 %. Les émissions moyennes de CO₂ des voitures nouvellement immatriculées étaient de 96,2 grammes par kilomètre, contre 102,7 en 2022.

Le tableau distingue quelques indicateurs qui ne doivent pas être confondus : une part du parc décrit les véhicules déjà en circulation, tandis qu’une part des immatriculations ne concerne que les nouvelles voitures vendues durant une année donnée.

Indicateur Période Valeur fournie Ce que cela décrit
Voitures en circulation 1er janvier 2024 Près de 91 % thermiques Composition du parc roulant
Part du diesel dans le parc 1er janvier 2024 50,7 % Motorisation des voitures présentes
Voitures électriques neuves 2023 17 % des immatriculations Part des ventes neuves de l’année
Hybrides rechargeables neuves 2023 9,2 % des immatriculations Part des ventes neuves de l’année
Émissions moyennes des voitures neuves 2023 96,2 g de CO₂ par km Moyenne des voitures immatriculées

Le renouvellement du parc ne fait pas disparaître immédiatement les émissions associées aux véhicules existants. L’électrification réduit les émissions à l’usage, mais le bilan complet dépend aussi de la fabrication et de l’électricité. Les politiques publiques cherchent ainsi à agir à la fois sur les motorisations, les infrastructures et les alternatives de déplacement.

Réduire l’empreinte carbone des transports à l’horizon 2050

Des objectifs climatiques qui orientent les choix

La France vise la neutralité carbone en 2050, c’est-à-dire un équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et les absorptions. Pour les transports, la stratégie nationale prévoit une décarbonation presque complète à cette échéance et fixe un objectif intermédiaire de réduction de 28 % des émissions en 2030 par rapport à 2015.

Les règles concernant les voitures neuves font partie des leviers prévus. Les informations fournies mentionnent un objectif national antérieur visant la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2040, ainsi qu’un seuil de 95 grammes de CO₂ par kilomètre à partir de 2030. Le cadre européen adopté ensuite prévoit l’arrêt des ventes de voitures neuves émettant du CO₂ à partir de 2035, date appelée à s’appliquer en France.

Ces échéances concernent les ventes de véhicules neufs ; elles ne signifient pas que toutes les voitures thermiques disparaîtront des routes à la date indiquée. Le parc se renouvelle au fil des années, tandis que l’accès à la recharge, le coût d’achat et les usages influencent le rythme d’adoption des modèles électrifiés.

Les autres modes ont aussi un rôle à jouer. Le développement du train, des bus, des autocars et des infrastructures cyclables peut offrir des alternatives pour certains déplacements. En ville, l’électrification des autobus progresse également : la part du diesel dans les ventes d’autobus neufs est passée de 94,2 % en 2014 à 12 % en 2024, selon les données transmises.

Agir sur les déplacements, pas seulement sur les moteurs

La technologie ne détermine pas seule l’empreinte carbone d’un trajet. La distance, l’occupation des véhicules et la possibilité de remplacer une partie des déplacements jouent également. Pour une entreprise, regrouper des livraisons ou organiser le covoiturage peut réduire des kilomètres ; pour un ménage, associer marche, vélo et transports en commun peut limiter l’usage de la voiture.

Les poids lourds illustrent les limites d’une comparaison centrée sur les seuls trajets individuels. Ils représentaient 27,9 millions de tonnes de CO₂ en 2023, soit environ 22 % des émissions du secteur. Le transport de marchandises a augmenté depuis 1990, et les émissions unitaires moyennes des poids lourds demeuraient proches de leur niveau de 1990 dans les données disponibles.

Les véhicules utilitaires légers, souvent indispensables aux artisans et aux livraisons, représentaient 19,5 millions de tonnes de CO₂ en 2023. Leur renouvellement, l’optimisation des tournées et l’adaptation des véhicules aux besoins peuvent agir sur leur bilan. Ces mesures demandent toutefois des solutions adaptées aux contraintes professionnelles, notamment lorsque le matériel transporté ou les distances limitent les alternatives.

Un trajet en avion appelle une autre lecture : les émissions aériennes internationales ne sont pas intégralement incluses dans le total national des transports. Les émissions de l’aérien, internationales comprises, ont atteint 16,3 millions de tonnes en 2023 selon les données fournies, en hausse de 15,9 % par rapport à 2022. Le périmètre choisi explique donc une partie des différences entre les bilans.

Pour comparer utilement les modes, il faut finalement garder ensemble l’échelle collective et le déplacement concret. Le bilan national révèle le poids dominant de la route ; le calcul par passager-kilomètre éclaire les options individuelles. La mobilité moins carbonée se construit lorsque ces deux lectures guident les véhicules, les infrastructures et les habitudes de déplacement.

À retenir

Choisir un logiciel de base de données comme un projet, pas un réflexe

Qu'il s'agisse du choix d'un SGBD relationnel, d'une migration vers le cloud ou de la mise en place d'une politique de sécurité, chaque étape mérite d'être anticipée. Comprendre les contraintes réelles du projet permet d'en tirer aussi des bénéfices concrets : performance, fiabilité et maîtrise des coûts.

Pour aller plus loin

  • Vérifier l'adéquation entre le modèle de données et le moteur envisagé
  • Comparer les offres cloud managées et leurs services additionnels
  • Sécuriser l'accès et le chiffrement de vos données sensibles
  • Impliquer votre équipe technique dès la phase de conception