Pollution et déchets

Numérique et environnement : l’empreinte réelle du secteur

À retenir : l’empreinte réelle du numérique Fabrication des équipements, principal poste d’impact souvent invisible Centres de données et réseaux, infrastructures indispensables aux services Allongement de la durée d’usage, levier concret de réduction Écoconception et sobriété numérique, responsabilités…

À retenir : l’empreinte réelle du numérique


  • Fabrication des équipements, principal poste d’impact souvent invisible
  • Centres de données et réseaux, infrastructures indispensables aux services
  • Allongement de la durée d’usage, levier concret de réduction
  • Écoconception et sobriété numérique, responsabilités partagées entre acteurs

Empreinte carbone du numérique : ce que mesure réellement l’indicateur


Un service numérique semble immatériel, mais il dépend d’appareils, de réseaux et de bâtiments bien réels. Leur fabrication, leur fonctionnement et leur fin de vie contribuent à la pollution numérique et aux émissions de gaz à effet de serre.


Les gaz à effet de serre retiennent une partie de la chaleur dans l’atmosphère ; leur hausse liée aux activités humaines accentue le réchauffement climatique. L’empreinte carbone d’un produit ou service comptabilise ces émissions sur sa chaîne de production, y compris celles générées à l’étranger.


De l’effet de serre aux émissions du secteur numérique


Cette distinction évite de confondre un gaz, comme le dioxyde de carbone, avec un indicateur qui rassemble plusieurs gaz. Pour comparer leurs effets climatiques, les études les expriment généralement en équivalent CO₂, sans réduire l’empreinte aux seules émissions directes d’un appareil.


Selon l’Insee, les produits et services numériques représentaient en France 21 millions de tonnes d’équivalent CO₂ en 2023, soit 3,2 % de l’empreinte carbone nationale. Environ la moitié provenait de la chaîne de production des produits informatiques, optiques et électroniques vendus en France.


Les trois composantes de l’empreinte carbone numérique

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Pour comprendre ce résultat, il faut regarder les équipements des utilisateurs, les réseaux de communication et les centres de données. Une recherche en ligne mobilise ainsi un terminal, des antennes ou des câbles, puis des serveurs hébergés dans un centre informatique.


Ces postes n’ont pas les mêmes effets : la fabrication pèse particulièrement dans le bilan des terminaux, tandis que les infrastructures nécessitent de l’électricité et des équipements renouvelés. Un ordinateur oublié dans un tiroir conserve donc l’impact de sa fabrication, même lorsqu’il ne consomme presque plus d’énergie.


Données clés du numérique en France :


  • 21 millions de tonnes d’équivalent CO₂ estimées pour 2023
  • 3,2 % de l’empreinte carbone française attribuée au numérique en 2023
  • 10 équipements avec écran en moyenne par foyer en 2023
  • 1,8 appareil conservé sans usage moyen au sein des foyers

Indicateur Valeur Périmètre
Empreinte carbone numérique 21 millions de tonnes d’équivalent CO₂ France, 2023
Part de l’empreinte nationale 3,2 % France, 2023
Équipements avec écran par foyer 10 en moyenne France, 2023
Équipements conservés sans usage 1,8 en moyenne Foyers interrogés

Cycle de vie des équipements : fabrication, ressources et déchets électroniques


Une fois les différentes composantes identifiées, le cycle de vie des équipements révèle pourquoi leur fabrication mérite une attention particulière. L’extraction des ressources, la transformation des matériaux et l’assemblage mobilisent des matières premières, de l’énergie et des transports.


Pourquoi la fabrication pèse lourd dans la pollution numérique


Pour une entreprise fictive qui renouvelle tous ses ordinateurs dès qu’un nouveau modèle paraît, l’impact commence avant la première connexion. Les composants ont déjà nécessité des procédés industriels et des déplacements souvent éloignés du lieu où l’appareil sera utilisé.


La consommation énergétique pendant l’utilisation compte également, notamment pour les serveurs et les équipements qui fonctionnent en continu. Cependant, changer trop souvent un terminal peut annuler une partie des bénéfices attendus d’un modèle présenté comme plus efficace.

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Réemploi et reconditionnement face aux déchets électroniques


Quand un appareil fonctionne encore, le réemploi peut prolonger sa durée de service et retarder son remplacement. Le reconditionnement offre une autre voie : un équipement contrôlé et remis en état peut répondre aux besoins d’un utilisateur sans mobiliser immédiatement un appareil neuf.


Selon les données associées au Baromètre du numérique 2025, 22 % des répondants déclaraient en 2024 posséder un smartphone acheté d’occasion ou reconditionné. Ce chiffre montre que la seconde main existe, mais qu’elle ne concerne pas encore la majorité des personnes interrogées.


Options pour prolonger la vie des appareils :


  • Réparation des composants défectueux avant remplacement complet
  • Réemploi des appareils encore adaptés aux besoins
  • Reconditionnement des terminaux inutilisés mais fonctionnels
  • Recyclage des équipements devenus irréparables ou obsolètes

Le recyclage reste nécessaire lorsque l’appareil ne peut plus servir, mais il ne remplace pas la prévention des achats prématurés. Réduire les déchets électroniques commence donc par faire durer les équipements déjà produits.

Consommation énergétique et usages : les gestes de sobriété numérique


Prolonger la durée de vie des appareils réduit la pression liée à leur fabrication ; les usages quotidiens déterminent aussi la sollicitation des réseaux et des serveurs. La sobriété numérique consiste à adapter ces usages au besoin, plutôt qu’à renoncer indistinctement aux services utiles.


Réduire l’impact des connexions et des contenus vidéo


Selon les recommandations de l’Arcep, privilégier une connexion fixe, comme la fibre ou l’ADSL lorsqu’elle est disponible, constitue une piste pour certains usages. Ajuster la résolution vidéo à la taille de l’écran évite aussi de transférer des données inutilement détaillées sur un petit smartphone.


Au quotidien, désinstaller les applications inutilisées aide à limiter les sollicitations superflues et simplifie l’entretien du téléphone. Ces choix ne remplacent pas l’action des fabricants et des opérateurs, mais ils rendent les usages plus cohérents avec le service réellement recherché.

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Réglages utiles sur les appareils :


  • Connexion fixe pour les usages domestiques compatibles
  • Résolution vidéo adaptée à l’écran utilisé
  • Applications inutilisées supprimées du smartphone
  • Appareils conservés et entretenus plus longtemps

Des choix concrets pour les foyers et les organisations


Une famille qui conserve ses téléphones plusieurs années agit sur la demande de nouveaux terminaux ; une organisation peut aussi rationaliser les appareils et les logiciels qu’elle déploie. Dans les deux cas, le bon choix dépend des besoins réels, de la réparabilité et de la durée d’usage prévue.


La sobriété numérique ne se résume pas à fermer une application : elle interroge aussi les décisions d’achat, les règles de renouvellement et la conception des services. Ces arbitrages deviennent plus faciles lorsque les acteurs publient des données comparables sur leurs impacts.

Écoconception et régulation : agir sur les services numériques


Les gestes individuels ont leurs limites lorsque les services sont conçus pour solliciter toujours plus de données et d’équipements. L’écoconception intervient en amont, en intégrant les effets environnementaux dès la création d’un site, d’une application ou d’une plateforme.


Le référentiel d’écoconception des services numériques


L’Arcep, l’Arcom et l’ADEME ont élaboré un référentiel général d’écoconception des services numériques. Son objectif est d’aider les concepteurs à limiter les besoins matériels et les ressources mobilisées par les sites web, les plateformes vidéo, les applications ou les outils d’intelligence artificielle.


Une entreprise fictive qui allège les pages de son site et évite des fonctions rarement utilisées peut réduire les données transférées et prolonger la compatibilité avec des appareils plus anciens. L’intérêt est double : un service potentiellement plus accessible et une moindre pression sur les infrastructures.


Le suivi des impacts par les régulateurs


Depuis 2019, l’Arcep travaille sur l’impact environnemental du numérique et collecte progressivement des données auprès d’acteurs du secteur. Son enquête annuelle « Pour un numérique soutenable » suit notamment les émissions, l’énergie consommée et le reconditionnement des équipements.


Selon l’Arcep, la collecte, commencée auprès des principaux opérateurs télécoms, s’est élargie à d’autres catégories d’acteurs, dont les centres de données et les fabricants. À l’échelle européenne, les travaux du BEREC favorisent également le partage de méthodes et de pratiques entre régulateurs.


Le tableau suivant distingue les leviers selon les acteurs concernés :


Acteur Levier Effet recherché
Concepteurs de services Écoconception des sites et applications Limiter les ressources nécessaires au service
Fabricants Réparabilité et durée de disponibilité des pièces Prolonger l’usage des terminaux
Opérateurs et hébergeurs Suivi des émissions et de l’énergie Mesurer les impacts des infrastructures
Régulateurs Collecte et partage de données comparables Éclairer les décisions et les pratiques du secteur


La réduction de l’empreinte repose ainsi sur des responsabilités complémentaires : concevoir des services plus sobres, prolonger le cycle de vie des équipements et mesurer les impacts avec des méthodes solides. Le progrès numérique devient plus soutenable lorsque ces choix s’additionnent plutôt que de se substituer les uns aux autres.

Source : Insee, « Empreinte carbone et consommation énergétique du numérique » ; ADEME et Arcep, « Évaluation de l’impact environnemental du numérique en France », janvier 2025 ; Arcep, « L’empreinte environnementale du numérique ».

À retenir

Choisir un logiciel de base de données comme un projet, pas un réflexe

Qu'il s'agisse du choix d'un SGBD relationnel, d'une migration vers le cloud ou de la mise en place d'une politique de sécurité, chaque étape mérite d'être anticipée. Comprendre les contraintes réelles du projet permet d'en tirer aussi des bénéfices concrets : performance, fiabilité et maîtrise des coûts.

Pour aller plus loin

  • Vérifier l'adéquation entre le modèle de données et le moteur envisagé
  • Comparer les offres cloud managées et leurs services additionnels
  • Sécuriser l'accès et le chiffrement de vos données sensibles
  • Impliquer votre équipe technique dès la phase de conception